Jouons un peu aujourd’hui avec cette énigme concernant un bâtiment angevin de qualité, à la manière d’un jeu télévisé populaire sur la troisième chaîne publique. Pour mieux vous mettre dans l’ambiance, lisez ce texte le plus rapidement possible et ne reprenez votre souffle qu’à chaque nouveau paragraphe.

« Je suis, attention top départ, je suis un hôtel particulier ayant appartenu à Bernard de la Frégeolière au 18e siècle, mais vraisemblablement construit au milieu du 17e.

Mon corps sur rue et mon aile gauche ont été bâtis quant à eux au milieu du 18e siècle et je suis revendu en 1766 à un conseiller du roi, juge en la sénéchaussée d’Anjou et siège présidial d’Angers, qui donnera son nom à ma bâtisse.

Ce conseiller, ou ses fils, font édifier mon corps principal en fond de cours et remanient mon aile gauche en remplaçant le niveau de lucarne par un étage d’attique pour s’accorder avec la nouvelle construction.

Pendant cette campagne de travaux menée dans les années 1770, je serai augmenté d’un portail à décor de bucranes et trophées de guerre mais nul ne sait précisément à qui attribuer la paternité de ces travaux.

D’aucuns disent que Michel Bardoul de la Bigotière, le plus renommé des maîtres angevins du moment, en est à l’origine.

D’autres pensent que le décor de mon portail, finement sculpté par une frise de triglyphes et de métopes, ornée de carquois, boucliers, sabres, casques et bucranes ;

que la frise d’oves ornant le chambranle, les vantaux ornés de guirlandes végétales, rosaces et motifs géométriques,

de même que le riche décor sculpté de la porte d’entrée sont à attribuer à son collaborateur Pierre-Louis David dit David Père.

Bâti principalement de tuffeau et de schiste, mon toit d’ardoises est également typique du patrimoine historique des bords de Loire et de nombreuses autres bâtisses de la ville.

Saisi à la Révolution, je suis rapidement restitué à la famille dès la fin du siècle, sans dommages fort heureusement.

Dans la 2e moitié du 19e siècle, j’appartiens à la famille d’un historiographe réputé de la région, fondateur du Bulletin historique et monumental de l’Anjou et maire de Mûrs-Erigné de 1878 à 1892, commune toute proche de la ville où je suis érigé.

Au milieu du 20e siècle, je fus réduit à droite du portail par la destruction du corps de commun et je fais aujourd’hui partie d’une campagne de restauration patrimoniale au même titre que les autres monuments de ma rue.

Attention, dernier indice – Juste derrière l’Hôtel de ville d’Angers, à 5 minutes de la cité des Congrès et à deux pas des lieux touristiques et des commerces, future maison d’hôtes qui accueillera 5 chambres et lieu d’accueil de réunions et de séminaires dont l’ouverture est prévue en janvier 2014, je suis… Je suis…

La Maison Bossoreil ! »


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